Fin de Parcours…

septembre 23, 2008 by parcoursdesmondes

Une dernière promenade dans le quartier de Saint-Germain; un nouveau prétexte pour évoquer les très belles propositions qui sont à découvrir rues Jacques Callot et Guénégaud. Deux expositions thématiques feront la joie des férus d’art africain: “Collection Alain Javelaud” chez Bernard Dulon, regroupant près de cinquante oeuvres du Nigeria, Cameroun, Côte d’Ivoire et Bénin ayant appartenu à cet amateur illustré, et ” Arts, magies et médecine en Afrique noire”, organisée par Alain Lecomte et présentant de nombreux objets chargés d’Afrique occidentale et centrale. Une troisième exposition monographique se tient dans l’espace Schoffel-Valluet: sous le titre évocateur de “Clair-obscur”, des oeuvres majeures océaniennes et africaines sont confontrées au travail photographique de Jean-François Chavanne révélant la face intime des pièces exhibées.

Fétiches du Togo et masque Dan proposés par Joaquin Pecci.

Fétiches du Togo et masque Dan proposés par Joaquin Pecci.

L’Afrique est également à l’honneur dans la galerie Pace Primitive, où l’on peut admirer un très vaste ensemle de couteaux d’apparat du Congo, ainsi qu’un beau fétiche songye et des masques de diverses provenances. Venu de Belgique, Joaquin Pecci propose une belle collection de bijoux naga et un ensemble hétéroclite d’oeuvres africaines alliant la force de l’art du Togo, la douceur des oeuvres dogon et la sérénité des masques dan. Quant à Alain Guisson et Yannick van Ruysevelt, ils proposent une sélection d’objets rituels et d’usage d’Afrique centrale, parmi lesquels des belles coupes kuba. Quelques pas plus loin, chez Lisa & Philippe Laeremans, on peut admirer une statue congo figurant un personnage assis, d’une expressivité redoutable, et un puissant masque bélier du Nigeria, entre autres pièces africaines. Cette sensibilité pour le continent africain se ressent également dans la galerie Noir d’Ivoire où le visiteur est accueilli par une très belle sculpture nyamwesi de Tanzanie, semblant esquisser un pas de danse, ainsi que dans la galerie Kagu, où sont présentés, par exemple, un étonnant masque toma très chargé, une figurine ibo en argile aux traits outrés et une statue bambara aux formes douces. Parmi cette prééminence africaine, il est tout de même  une exception: Michael Hamson qui, pour cette édition a mis l’accent sur les créations de Papouasie Nouvelle-Guinée.

Les accrochages mêlant créations d’Afrique, d’Océanie et d’Asie sont nombreux dans ces rues. Ceci est de mise chez John Giltsoff où le visiteur peut admirer, par exemple, deux panneaux monumentaux du Nagaland, un très beau masque goli de Côte d’Ivoire et des objets d’usage du Pacifique. Wayne Heathcote propose, une année de plus une sélection d’oeuvres témoignant d’un grand goût, alliant la pureté des lignes africaines, et la force expressive des oeuvres océaniennes. Kevin Conru, quant à lui, présente un reliquaire kota-shamaye du Gabon ainsi qu’une imposante figure rituelle du Sépik entre autres pièces de qualité, tandis que la galerie Visser montre un ensemble conséquent, dont on ne citera qu’une sculpture Moba et une figure korvar de Papouasie Nouvelle-Guinée. Ce même esprit hétéroclite règne chez Kathy van der Pas & Steven van de Raadt et surtout chez Grusenmeyer, où bijoux, sculptures, masques et objets d’usage d’Asie, Afrique et Océanie composent un dialogue visuel des plus éloquents.

Rue Mazarine: livres, photos, toiles et art en abondance…

septembre 16, 2008 by parcoursdesmondes

En ce troisième jours du Parcours des Mondes, la déambulation s’initie par l’Asie, dont la splendeur jaillit dans la Galerie Jacques Barrère sous l’apparence de stèles en pierre, sculptures monumentales et autres oeuvres aux formes délicates témoignant d’une esthétique raffinée. Sur le trottoir opposé dialoguent les pièces d’Océanie proposées par Lewis-Wara parmi lesquelles figurent, pour ne citer qu’un exemple, des masques du bas Sépik.
Suivent trois expositions thématiques. La première, proposée par Olivier Larroque, est un hommage aux figures d’ibeji des Yoruba du Nigeria employées pour le culte des jumeaux, ainsi qu’aux croix en bois, figurant au nombre de trente, créés par les communautés chrétiennes d’Éthiopie. La poésie du fragment est célébrée, chez Johann Lévy, au travers d’une exposition du même titre confrontant des oeuvres lacunaires d’Afrique et d’Océanie et les tableaux de l’artiste sud-africaine Billie Zangewa, réalisés avec des morceaux de tissu. Réputée pour ses expositions thématiques, la galerie Renaud Vanuxem explore la notion d’ancestralité appliquée à la question du style artistique. Des oeuvres dites “classiques” y dialoguent avec d’autres de facture plus archaïque, offrant au visiteur le spectacle de l’émergence et l’aboutissment d’une forme plastique.

Vue de la façade de la Galerie Renaud Vanuxem.

Vue de la façade de la Galerie Renaud Vanuxem.

La cohérence thématique et stylistique est également de mise dans la galerie Noir d’Ivoire où Yasmina Chenoufi présente un vaste ensemble de terres cuites archéologiques d’Afrique Occidentale, dont un personnage Nok accroupi de taille exceptionnelle. Serge Schoffel et la Galerie Dodier proposent, à leur tour, un accrochage varié comprenant des oeuvres d’Afrique et d’Océanie de provenances diverses.
Place à la photographie à l’Alcazar, où peuvent être admirées des oeuvres de Nicolas Bruant s’inspirant de la faune, des paysages et des créations artistiques du continent africain. L’interprétation de la notion de l’objet et de la culture “primitive” au travers d’un objectif aboutit à des propositions plastiques aussi variées que séduisantes chez Frédéric Moisan, qui sous le titre de Trajectoires” regroupe les figures AnthropoMécaniques de Fernando Urquijo et les clichés de l’île de Pâques et du Laos de François Sagnes.
Dernier arrêt: Librairie Mazarine. Des éditions anciennes et des beaux-livres attendent, dans ce bel espace, collectionneurs et amateurs avides de constituer une bibliothèque de référence en arts premiers.

Rue Jacob et Quai Malaquais : détours obligés

septembre 13, 2008 by parcoursdesmondes

L’art de l’Amérique précolombienne a pris place rue Jacob. La galerie Furstenberg présente un intéressant ensemble de pièces mexicaines issues des cultures Nayarit, Jalisco et Colima, parmi lesquelles se détache une poterie colima figurant une scène de combat d’une belle intensité.

Quelques pas plus loin, donnant sur une agréable cour, se tient la galerie 1492. Nouveau venu sur le Parcours des Mondes, cet espace présente une sélection d’œuvres du Mexique et du Pérou, parmi lesquelles se sont immiscées quelques très belles sculptures du Yémen antique dans un désir de signifier le dialogue entre les cultures que célèbre le salon.

Vue de l'accrochage de la galerie 1492

Vue de l'accrochage de la galerie 1492.

Quai Malaquais, c’est une très belle exposition monographique dédiée aux arts du Congo que l’on peut découvrir chez Alain Bovis. Dans la pénombre de la galerie, jaillissent de délicats pendentifs pende en ivoire, des fétiches songye à l’expression farouche, un majestueux tabouret à caryatide tshokwe ou encore un très beau fétiche à clous kongo à l’attitude dynamique : autant d’objets qui sont reproduits dans le catalogue qui accompagne l’exposition.

Rues de Seine et Visconti, place à la diversité

septembre 12, 2008 by parcoursdesmondes

Une ambiance particulière – conviant au rêve et au voyage – se dégage de ces rues, places fortes de la scène artistique parisienne transformées en haut lieux des arts premiers le temps de ce Parcours des Mondes 2008. Y flâner revient à découvrir près de vingt-et-une propositions émouvantes et rigoureuses dont on ne peut qu’encourager la visite.

Rendez-vous incontournable, la galerie Arte y Ritual - dirigée par Ana et Antonio Casanovas – présente un très bel ensemble d’œuvres océaniennes issues de prestigieuses collections européennes, dont une étonnante sculpture uli de Nouvelle-Irlande. L’art d’Océanie est également à l’honneur chez Yann Ferrandin où l’on peut admirer un petit personnage en bois raviné, à la fragilité touchante, de Papouasie-Nouvelle-Guinée, ainsi que des objets des îles Tonga et de Nouvelle-Zélande, présentées aux côtés de pièces africaines classiques. Fidèles à l’esprit des expositions proposées lors des dernières éditions du Parcours, Voyageurs et Curieux propose des objets polynésiens aux lignes pures qui séduiront plus d’un amateur. La galerie  Arts d’Australie – Stéphane Jacob, quant à elle, a accroché un important nombre de toiles acryliques de différents artistes contemporains d’Australie qui, au gré de leurs coups de pinceaux, livrent à ceux qui les contemplent un fragment du parcours mythique de leurs ancêtres contenu dans le dreaming. Chez Chris Boylan, marchand établi à Sydney, ce sont des œuvres du Vanuatu qui accueillent le visiteur.

Timide en ces rues de Seine et Visconti, l’Asie est présente dans la galerie italienne Dalton Somaré où, dialoguant avec des masques africains de Côte d’Ivoire et du Congo, rayonnent d’exceptionnelles plaques ornementales en argile provenant du Bengale occidental, entre autres objets d’Inde. Chez  Pascassio Manfredi et Cédric le Dauphin l’art d’Indonésie et des Philippines est donné à voir au travers de pièces variées. Dans les espaces restants, l’Afrique est souveraine. Pierre Dartevelle et David Henrion ont réuni des pièces exceptionnelles, tels un cavalier soudanais aux formes délicates, une sculpture du Cameroun esquissant un gracieux mouvement ou encore une admirable maternité dogon du Mali. Didier Claes présente des pièces choisies du Congo et du Nigeria qui sauront satisfaire tant les collectionneurs avisés que ceux qui cherchent à s’initier avec des objets de qualité. Patrick et Ondine Mestdagh, sensibles à la beauté élégante des formes simples, font découvrir parures, armes et autres objets d’usage de provenances diverses. L’Accrosonge a nouvellement fait confiance à la force émanant de l’art du Nigeria et la douceur des œuvres de Côte d’Ivoire. Olivier Castellano présente, quant à lui, un très beau fétiche teke du Congo, ainsi qu’une autre statuette de pouvoir de facture songye. Des œuvres choisies de Côte d’Ivoire et du Mali y sont également proposées.

 

 

Rue des Beaux-Arts : un espace hanté

septembre 11, 2008 by parcoursdesmondes

L’Afrique semble s’être déplacée, le temps du Parcours des Mondes, dans la rue des Beaux-Arts, tant la diversité de ses formes artistiques y sont célébrées au travers de différentes expositions thématiques. Le thème animalier, si ancré dans la plastique africaine, est abordé dans Bestiaire imaginaire, la proposition de la Galerie Dandrieu-Giovagnoni pour ce Parcours. Dans les salles, le visiteur peut y admirer un étonnant tambour zoomorphe du Cameroun, ainsi que le singulier masque dogon surmonté d’un long bec qui fait la couverture du catalogue édité pour l’occasion. Pierre Amrouche et Alain Dufour, quant à eux, présentent un intéressant ensemble de sculptures Lamba et Losso venant du Togo : statuettes de petites tailles dotées d’une intense expressivité employées dans différents contextes rituels, comme en témoignent les traces d’offrandes qui rehaussent leur surface. À l’opposé de la rue, la Galerie Afrique propose différents masques polychromes du Burkina Faso, aux beaux décors géométriques et animaliers. La Galerie Albert Loeb a sélectionné pour ce salon de nombreuses figures connues sous le nom de jira maanin, accompagnant les danses des masques animaliers dans la région de Bamako et du lac Débo (Mali).
Parallèlement à ces expositions thématiques, la rue des Beaux-Arts accueille divers accrochages d’exception proposés par des marchands africanistes que l’on ne présente plus, tels Bernard de Grunne chez qui l’on peut admirer douze œuvres d’exception dont une sculpture soninke (Mali) monumentale au modelé exceptionnel et une statuette féminine Luba Shankadi (R.D.C.) d’un classicisme envoûtant, et Jacques Germain, venu de Montréal pour proposer quelques pièces sakalava (Madagascar) et d’autres objets classiques comme un fétiche Songye (R.D.C.) et un reliquaire kota du Gabon, dans un écrin rehaussé par des toiles de grands artistes contemporains. Chez Charles-Wesley Hourdé, figure, entre autres œuvres, un intéressant ensemble de statuettes chargées bakongo et bembe du Congo, ainsi qu’un beau masque dan (Côte d’Ivoire). Joshua Dimondstein, de l’autre côté de la rue, expose des œuvres d’origines diverses dans un désir d’initier de nouveaux collectionneurs.
Fidèles à leur tendances, les galeries Entwistle et Adrian Schlag proposent une sélection de grande qualité de pièces d’Afrique et d’Océanie. Ce dernier continent est particulièrement à l’honneur chez Anthony Meyer, où l’on peut admirer un ensemble touchant d’objets miniatures de Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Micronésie, entre autres, dont émane une force captivante inversement proportionnelle à leurs petites dimensions. L’Asie est célébrée dans deux autres espaces – Wei Asian Arts et Thomas Murray- dont la visite s’avère indispensable. Wei Asian Arts propose un accrochage jouant sur les contrastes entre le classicisme, par exemple, d’un torse de Bodhisattva en marbre de la dynastie Tang et la beauté ravinée et brute de la statuaire en bois vietnamienne. Quant à Thomas Murray, il a réuni pour ce Parcours des Mondes un ensemble de pièces indonésiennes accueillies avec enthousiasme par les collectionneurs et amateurs présents au vernissage du salon.
Finalement, les derniers mots de ce premier compte-rendu d’une longue liste à venir seront pour Totems et Chamanes, une admirable exposition thématique proposée par la galerie Flak dédiée à l’art de l’Alaska et de la Colombie Britannique, où l’on peut admirer près de cinquante objets, masques, mâts et figurines dont la beauté simple râvit les surréalistes.

Accrochage de la Galerie Flak

Accrochage de la Galerie Flak

Un coup d’envoi attendu

septembre 10, 2008 by parcoursdesmondes

Depuis mardi 15h, le marché de l’art primitif est officiellement en émoi ; et ce durant les 5 jours à venir du Parcours des Mondes, salon incontournable dédié aux art d’Afrique, Océanie, Asie et Amériques qui, pour sa septième édition se présente sous un jour ambitieux et enthousiaste, à l’image de la nouvelle organisation présidée par Pierre Moos.
Une année de travail culminait en ce jour : les pièces secrètement rassemblées par les soixante-quatre marchands de renom international prenant part à l’événement allaient être soumises au regard exigeant de collectionneurs émérites, tandis que les amateurs arpenteraient les rues du quartier de Saint-Germain avides de découvrir quelques opportunités.

Visiteurs parcourant la rue Guénégaud le soir du vernissage du Parcours.

Visiteurs parcourant la rue Guénégaud le soir du vernissage du Parcours.

Le moment était solennel. Et c’est cet esprit qui régnait à la galerie Jeanne Bucher, espace VIP où s’est tenue la conférence de presse. Fier et ému, Pierre Moos prenait la parole devant un vaste auditoire de journalistes pour présenter le nouvel élan du salon : son souci d’excellence et de rigueur, son engagement auprès de l’art contemporain et sa volonté de s’affirmer comme le rendez-vous annuel de référence dans le domaine des arts premiers. Et à Jean-Paul Barbier-Mueller, président d’honneur du Parcours des Mondes 2008, de prendre la parole, pour souligner la nécessité d’une telle manifestation, alliant des œuvres de qualité et un véritable engagement vis-à-vis de la diffusion des arts premiers ; autant de caractéristiques qui définissent par ailleurs l’esprit de Tribal Art Magazine, parrain spirituel du Parcours des Mondes.

Dans les rues, les visiteurs accouraient pour assister à l’ouverture des galeries. Les rideaux qui, pendant plusieurs jours, avaient dissimulé l’accrochage des différentes expositions (qui feront toutes l’objet de commentaires sur ce blog dans les jours à venir), tombaient un à un, dévoilant des œuvres d’une très haute qualité d’après les dires des amateurs. Une effervescence intense s’est fait ressentir jusqu’à 21h, heure de fermeture des galeries exposantes.

Un climat semblable régnait à la Monnaie de Paris, où l’exposition Fragments du Vivant, sculptures africaines de la collection Liliane et Michel Durand-Dessert ouvrait ses portes au public.

Le journal de bord d’un salon incontournable

août 29, 2008 by parcoursdesmondes

Les visiteurs de “Parcours des Mondes” trouverons sur ce blog un compte-rendu quotidien reprenant l’actualité de la septième édition du Salon International des Arts Premiers, où convergent soixante-quatre marchands de prestige venus proposer des œuvres d’art d’Afrique, Océanie, Asie et Amérique, à collectionneurs et amateurs.

Ce blog sera actif à partir du 8 septembre 2008

© Philippe Chancel

Quelques galeries du Parcours des mondes © Philippe Chancel