Une dernière promenade dans le quartier de Saint-Germain; un nouveau prétexte pour évoquer les très belles propositions qui sont à découvrir rues Jacques Callot et Guénégaud. Deux expositions thématiques feront la joie des férus d’art africain: “Collection Alain Javelaud” chez Bernard Dulon, regroupant près de cinquante oeuvres du Nigeria, Cameroun, Côte d’Ivoire et Bénin ayant appartenu à cet amateur illustré, et ” Arts, magies et médecine en Afrique noire”, organisée par Alain Lecomte et présentant de nombreux objets chargés d’Afrique occidentale et centrale. Une troisième exposition monographique se tient dans l’espace Schoffel-Valluet: sous le titre évocateur de “Clair-obscur”, des oeuvres majeures océaniennes et africaines sont confontrées au travail photographique de Jean-François Chavanne révélant la face intime des pièces exhibées.
L’Afrique est également à l’honneur dans la galerie Pace Primitive, où l’on peut admirer un très vaste ensemle de couteaux d’apparat du Congo, ainsi qu’un beau fétiche songye et des masques de diverses provenances. Venu de Belgique, Joaquin Pecci propose une belle collection de bijoux naga et un ensemble hétéroclite d’oeuvres africaines alliant la force de l’art du Togo, la douceur des oeuvres dogon et la sérénité des masques dan. Quant à Alain Guisson et Yannick van Ruysevelt, ils proposent une sélection d’objets rituels et d’usage d’Afrique centrale, parmi lesquels des belles coupes kuba. Quelques pas plus loin, chez Lisa & Philippe Laeremans, on peut admirer une statue congo figurant un personnage assis, d’une expressivité redoutable, et un puissant masque bélier du Nigeria, entre autres pièces africaines. Cette sensibilité pour le continent africain se ressent également dans la galerie Noir d’Ivoire où le visiteur est accueilli par une très belle sculpture nyamwesi de Tanzanie, semblant esquisser un pas de danse, ainsi que dans la galerie Kagu, où sont présentés, par exemple, un étonnant masque toma très chargé, une figurine ibo en argile aux traits outrés et une statue bambara aux formes douces. Parmi cette prééminence africaine, il est tout de même une exception: Michael Hamson qui, pour cette édition a mis l’accent sur les créations de Papouasie Nouvelle-Guinée.
Les accrochages mêlant créations d’Afrique, d’Océanie et d’Asie sont nombreux dans ces rues. Ceci est de mise chez John Giltsoff où le visiteur peut admirer, par exemple, deux panneaux monumentaux du Nagaland, un très beau masque goli de Côte d’Ivoire et des objets d’usage du Pacifique. Wayne Heathcote propose, une année de plus une sélection d’oeuvres témoignant d’un grand goût, alliant la pureté des lignes africaines, et la force expressive des oeuvres océaniennes. Kevin Conru, quant à lui, présente un reliquaire kota-shamaye du Gabon ainsi qu’une imposante figure rituelle du Sépik entre autres pièces de qualité, tandis que la galerie Visser montre un ensemble conséquent, dont on ne citera qu’une sculpture Moba et une figure korvar de Papouasie Nouvelle-Guinée. Ce même esprit hétéroclite règne chez Kathy van der Pas & Steven van de Raadt et surtout chez Grusenmeyer, où bijoux, sculptures, masques et objets d’usage d’Asie, Afrique et Océanie composent un dialogue visuel des plus éloquents.





