Archive de la catégorie «Uncategorized»

Rue Mazarine: livres, photos, toiles et art en abondance…

septembre 16, 2008

En ce troisième jours du Parcours des Mondes, la déambulation s’initie par l’Asie, dont la splendeur jaillit dans la Galerie Jacques Barrère sous l’apparence de stèles en pierre, sculptures monumentales et autres oeuvres aux formes délicates témoignant d’une esthétique raffinée. Sur le trottoir opposé dialoguent les pièces d’Océanie proposées par Lewis-Wara parmi lesquelles figurent, pour ne citer qu’un exemple, des masques du bas Sépik.
Suivent trois expositions thématiques. La première, proposée par Olivier Larroque, est un hommage aux figures d’ibeji des Yoruba du Nigeria employées pour le culte des jumeaux, ainsi qu’aux croix en bois, figurant au nombre de trente, créés par les communautés chrétiennes d’Éthiopie. La poésie du fragment est célébrée, chez Johann Lévy, au travers d’une exposition du même titre confrontant des oeuvres lacunaires d’Afrique et d’Océanie et les tableaux de l’artiste sud-africaine Billie Zangewa, réalisés avec des morceaux de tissu. Réputée pour ses expositions thématiques, la galerie Renaud Vanuxem explore la notion d’ancestralité appliquée à la question du style artistique. Des oeuvres dites “classiques” y dialoguent avec d’autres de facture plus archaïque, offrant au visiteur le spectacle de l’émergence et l’aboutissment d’une forme plastique.

Vue de la façade de la Galerie Renaud Vanuxem.

Vue de la façade de la Galerie Renaud Vanuxem.

La cohérence thématique et stylistique est également de mise dans la galerie Noir d’Ivoire où Yasmina Chenoufi présente un vaste ensemble de terres cuites archéologiques d’Afrique Occidentale, dont un personnage Nok accroupi de taille exceptionnelle. Serge Schoffel et la Galerie Dodier proposent, à leur tour, un accrochage varié comprenant des oeuvres d’Afrique et d’Océanie de provenances diverses.
Place à la photographie à l’Alcazar, où peuvent être admirées des oeuvres de Nicolas Bruant s’inspirant de la faune, des paysages et des créations artistiques du continent africain. L’interprétation de la notion de l’objet et de la culture “primitive” au travers d’un objectif aboutit à des propositions plastiques aussi variées que séduisantes chez Frédéric Moisan, qui sous le titre de Trajectoires” regroupe les figures AnthropoMécaniques de Fernando Urquijo et les clichés de l’île de Pâques et du Laos de François Sagnes.
Dernier arrêt: Librairie Mazarine. Des éditions anciennes et des beaux-livres attendent, dans ce bel espace, collectionneurs et amateurs avides de constituer une bibliothèque de référence en arts premiers.

Rue des Beaux-Arts : un espace hanté

septembre 11, 2008

L’Afrique semble s’être déplacée, le temps du Parcours des Mondes, dans la rue des Beaux-Arts, tant la diversité de ses formes artistiques y sont célébrées au travers de différentes expositions thématiques. Le thème animalier, si ancré dans la plastique africaine, est abordé dans Bestiaire imaginaire, la proposition de la Galerie Dandrieu-Giovagnoni pour ce Parcours. Dans les salles, le visiteur peut y admirer un étonnant tambour zoomorphe du Cameroun, ainsi que le singulier masque dogon surmonté d’un long bec qui fait la couverture du catalogue édité pour l’occasion. Pierre Amrouche et Alain Dufour, quant à eux, présentent un intéressant ensemble de sculptures Lamba et Losso venant du Togo : statuettes de petites tailles dotées d’une intense expressivité employées dans différents contextes rituels, comme en témoignent les traces d’offrandes qui rehaussent leur surface. À l’opposé de la rue, la Galerie Afrique propose différents masques polychromes du Burkina Faso, aux beaux décors géométriques et animaliers. La Galerie Albert Loeb a sélectionné pour ce salon de nombreuses figures connues sous le nom de jira maanin, accompagnant les danses des masques animaliers dans la région de Bamako et du lac Débo (Mali).
Parallèlement à ces expositions thématiques, la rue des Beaux-Arts accueille divers accrochages d’exception proposés par des marchands africanistes que l’on ne présente plus, tels Bernard de Grunne chez qui l’on peut admirer douze œuvres d’exception dont une sculpture soninke (Mali) monumentale au modelé exceptionnel et une statuette féminine Luba Shankadi (R.D.C.) d’un classicisme envoûtant, et Jacques Germain, venu de Montréal pour proposer quelques pièces sakalava (Madagascar) et d’autres objets classiques comme un fétiche Songye (R.D.C.) et un reliquaire kota du Gabon, dans un écrin rehaussé par des toiles de grands artistes contemporains. Chez Charles-Wesley Hourdé, figure, entre autres œuvres, un intéressant ensemble de statuettes chargées bakongo et bembe du Congo, ainsi qu’un beau masque dan (Côte d’Ivoire). Joshua Dimondstein, de l’autre côté de la rue, expose des œuvres d’origines diverses dans un désir d’initier de nouveaux collectionneurs.
Fidèles à leur tendances, les galeries Entwistle et Adrian Schlag proposent une sélection de grande qualité de pièces d’Afrique et d’Océanie. Ce dernier continent est particulièrement à l’honneur chez Anthony Meyer, où l’on peut admirer un ensemble touchant d’objets miniatures de Papouasie-Nouvelle-Guinée et de Micronésie, entre autres, dont émane une force captivante inversement proportionnelle à leurs petites dimensions. L’Asie est célébrée dans deux autres espaces – Wei Asian Arts et Thomas Murray- dont la visite s’avère indispensable. Wei Asian Arts propose un accrochage jouant sur les contrastes entre le classicisme, par exemple, d’un torse de Bodhisattva en marbre de la dynastie Tang et la beauté ravinée et brute de la statuaire en bois vietnamienne. Quant à Thomas Murray, il a réuni pour ce Parcours des Mondes un ensemble de pièces indonésiennes accueillies avec enthousiasme par les collectionneurs et amateurs présents au vernissage du salon.
Finalement, les derniers mots de ce premier compte-rendu d’une longue liste à venir seront pour Totems et Chamanes, une admirable exposition thématique proposée par la galerie Flak dédiée à l’art de l’Alaska et de la Colombie Britannique, où l’on peut admirer près de cinquante objets, masques, mâts et figurines dont la beauté simple râvit les surréalistes.

Accrochage de la Galerie Flak

Accrochage de la Galerie Flak

Un coup d’envoi attendu

septembre 10, 2008

Depuis mardi 15h, le marché de l’art primitif est officiellement en émoi ; et ce durant les 5 jours à venir du Parcours des Mondes, salon incontournable dédié aux art d’Afrique, Océanie, Asie et Amériques qui, pour sa septième édition se présente sous un jour ambitieux et enthousiaste, à l’image de la nouvelle organisation présidée par Pierre Moos.
Une année de travail culminait en ce jour : les pièces secrètement rassemblées par les soixante-quatre marchands de renom international prenant part à l’événement allaient être soumises au regard exigeant de collectionneurs émérites, tandis que les amateurs arpenteraient les rues du quartier de Saint-Germain avides de découvrir quelques opportunités.

Visiteurs parcourant la rue Guénégaud le soir du vernissage du Parcours.

Visiteurs parcourant la rue Guénégaud le soir du vernissage du Parcours.

Le moment était solennel. Et c’est cet esprit qui régnait à la galerie Jeanne Bucher, espace VIP où s’est tenue la conférence de presse. Fier et ému, Pierre Moos prenait la parole devant un vaste auditoire de journalistes pour présenter le nouvel élan du salon : son souci d’excellence et de rigueur, son engagement auprès de l’art contemporain et sa volonté de s’affirmer comme le rendez-vous annuel de référence dans le domaine des arts premiers. Et à Jean-Paul Barbier-Mueller, président d’honneur du Parcours des Mondes 2008, de prendre la parole, pour souligner la nécessité d’une telle manifestation, alliant des œuvres de qualité et un véritable engagement vis-à-vis de la diffusion des arts premiers ; autant de caractéristiques qui définissent par ailleurs l’esprit de Tribal Art Magazine, parrain spirituel du Parcours des Mondes.

Dans les rues, les visiteurs accouraient pour assister à l’ouverture des galeries. Les rideaux qui, pendant plusieurs jours, avaient dissimulé l’accrochage des différentes expositions (qui feront toutes l’objet de commentaires sur ce blog dans les jours à venir), tombaient un à un, dévoilant des œuvres d’une très haute qualité d’après les dires des amateurs. Une effervescence intense s’est fait ressentir jusqu’à 21h, heure de fermeture des galeries exposantes.

Un climat semblable régnait à la Monnaie de Paris, où l’exposition Fragments du Vivant, sculptures africaines de la collection Liliane et Michel Durand-Dessert ouvrait ses portes au public.